Archive for the ‘Nanjing’ Category
D’où l’importance de ne jamais questionner les facultés intellectuelles d’un coiffeur
Vendredi, décembre 9th, 2011Ayant appris le mot « centimètre » en chinois, je pensais ne plus jamais avoir de soucis chez le coiffeur. Quand j’ai dit « 1 centimètre sur les côtés, 2-3 centimètres sur le dessus », c’était sans compter sur mon coiffeur qui voulait absolument que j’aie une coupe Indochine/Dragon Ball Z (les cheveux blonds en pétard, ça leur fait cet effet).
Il recoupe 1 millimètre, je lui demande de recouper encore, un nouveau millimètre, je m’énerve, il me dit que ça fait « shuai » (joli). Et là, c’est le drame: je pète mon câble du vendredi soir, en lui demandant s’il comprend le chinois, et que 2 centimètres c’est pas 4. Il l’a plutôt mal pris.
Et voilà le résultat…
Je me fais chambrer par tout le monde, skinhead, nazi, malade, mais au moins, j’ai gagné 5 minutes de sommeil (plus besoin de me sécher les tifs ni de les coiffer)!
Le frinois (2)
Lundi, novembre 14th, 2011Ma Chine n’est plus
Mercredi, novembre 2nd, 2011Maintenant que je sais que je vais rester en Chine encore quelques années de plus avec le retour de ma blonde, je réalise que la Chine que j’ai découverte et aimée a bien changé…en moins bien.
Dans mon quartier, le soir, des étals de bouffe étaient disséminés aux 4 coins de la rue, pour 1 ou 2 kuais, on avait un bol de riz ou de nouilles sautées, on pouvait acheter des brochettes de mouton et les manger sur des petits tabourets en partageant une bière. Le soir, on rentrait dans son appart au loyer très modéré, surfer sur F#cebo0k pour rester en contact avec la famille et les amis.
Le weekend, on sortait dans les bars, la musique était calme jusque 23h-minuit, les bières à 10 rmb commençaient à faire leur effet, la musique devenait plus dansante et l’on commençait à se tortiller sur notre siège pour finalement rejoindre la piste. Les gens étaient là pour faire la fête, rencontrer du monde. En semaine, il y avait des concerts, 20rmb l’entrée avec une conso offerte.
Quand je raconte ça, on pense que je suis en Chine depuis 10 ans, mais non, juste un peu plus de 4 ans.
Entretemps, les JO sont passés par là. Partout on entendait dire qu’il fallait que les gens soient « civilisés ». Mais la vision de ce mot diffère totalement de la nôtre. Ici, on ne parlait pas de civisme, de politesse, de bonnes manières, de respect des lois, du code de la route ou de son prochain. Non, être civilisé c’est ne pas manger dans la rue, ne pas vendre de contrefaçons et parler anglais. Enfin, donner des cours d’anglais aux gens, c’est-à-dire leur apprendre à dire des trucs qu’ils ne comprenaient pas, à gueuler « Rallo!! » (oui, c’est supposé être de l’anglais) dès qu’ils voient un blanc-bec, wow, super « civilisé »! C »est sensé montré l’ouverture de la Chine. Pff, mes fesses ouais, quand je réponds par « Konnichiwa » ils sont super choqués…OK c’est provoc, surtout à Nanjing, mais bon, après plus de 4ans de « Rallo » quotidiens j’ai le droit de me venger de temps en temps, non?
La censure L’harmonie s’est développée, au revoir les réseaux sociaux, les sites de partage de vidéos, mais bon, chers étrangers, ne gueulez pas, on vous a autorisé Wikipédia.
Laisser crever des gamines dans la rue? Pas de réaction officielle. Par contre, manger des brochettes dans la rue, en plus vendues par des ouïghours, ça c’est pas bien. Vous pouvez cracher, bousculer, écraser votre prochain, mais par pitié, ne portez pas de pyjamas dans la rue!
Dans les bars, le moindre « concert » coûte 40rmb, les prix ont explosé, la musique est à un niveau de décibels rendant les conversations impossibles, de toutes façons, tout le monde a son Iphone et essaie de battre son score à Angry Birds. Quand tu veux danser, bon courage, la piste est remplie de puceaux sauvages, j’en viens même à regretter les vieux dégueulasses, ils étaient pathétiques mais au moins, leur maladresse en était presque touchante.
La Chine me faisait rire, sourire, l’ambiance était pittoresque, on sentait une grande différence culturelle, maintenant j’ai l’impression de voir une mauvaise copie de l’Occident, où les gens pensent être comme les étrangers en s’habillant chez H&M mais d’un autre côté, se comportent encore comme des paysans du siècle dernier. Tout le monde a un téléphone high-tech, même les pauvres me regardent avec dédain quand je sors mon Nokia « il a même pas un touch screen?? »
Les loyers ont presque doublé, pourtant les apparts sont toujours aussi mal isolés, les finitions laissent toujours à désirer, tout tombe en lambeaux après 2 ans, donc bye bye la caution.
Mais voilà, je reste. J’ai un bon job, je suis mieux payé que la majorité des chinois, ma chérie sera à présent à mes côtés, donc le reste je m’en fous un peu. Et en France je m’énerverai aussi, et en plus je serais au chômage, donc j’ai de la chance et ne me plains que rarement. Et puis les jeux Xbox sont toujours à 5rmb donc ça ira.
Je regrette juste qu’un peuple qui se transforme autant ne prenne que les mauvais aspects de notre société occidentale, que sa culture millénaire soit sacrifiée sur l’autel de la mondialisation. Les bâtiments anciens sont rasés pour y construire des immeubles de « luxe ». Il y a des bagnoles partout, pas de covoiturage, ça se gare n’importe où, conduit n’importe comment, pas grave, faut montrer qu’on a de la thune. Les gosses de riches sont partout, traitent les gens comme de la merde.
Je ne peux m’empêcher de craindre le jour où les différences de richesse, l’inflation et les inégalités sociales exaspèreront une partie du pays (la majorité des gens) au point de se révolter. Là, ça va faire mal… Il ne faut pas que la révolution économique se fasse au détriment de la population, on a vu les résultats en Europe & aux USA.
A la base, je voulais écrire un truc plus léger, car les 3 magasins de DVD dans ma rue ont été fermés définitivement, donc niveau loisir ça va être encore plus ric-rac. Bon ça va, Dan revient dans 1 mois, au lit de regarder des DVD dans le lit, on y fera des galipettes
Et je rajoute quand même un peu de pommade:
J’excuse pas, j’explique (psychologie niveau DEUG)
Vendredi, octobre 28th, 2011Le monde entier s’est ému-à juste titre-de cette petite fille chinoise écrasée à 2 reprises, ignorée par 18 passants. La vidéo est horrible, âmes sensibles s’abstenir.
C’est arrivé il y a plus d’une semaine, je n’en ai pas parlé car ce blog est un carnet de voyage destiné à la base à ma famille, loin de moi la prétention d’être un connaisseur de la Chine ou un expert en quelconque autre domaine, mais les réactions de la presse et de la blogosphère m’ont passablement énervé, peu importe si pas grand-monde me lit, mais il fallait que ça sorte.
On blâme le peuple chinois qui laisse crever une petite fille dans la rue.
Certes en Chine, il existe un individualisme exacerbé qui va du ridicule (essayez de jouer au basket ou au foot avec des chinois, vous n’êtes pas sûrs de voir souvent le ballon) au révoltant (manque ENORME de considération des autres, on fait du bruit jusque pas d’heure, on te tousse au visage, ne regarde pas où on marche/conduit, la liste est longue).
Certes, cet individualisme est un reflet de la société moderne chinoise, mais pas que chinoise! Certes, en France, les assos comme les Restos du coeur existent, le Téléthon, Sidaction, mais au quotidien, la solidarité n’est pas forcément de mise, et cela existe de tous temps (cf Phil Collins « Another day in paradise »). Avons-nous meilleur fond que les chinois? Je vais me lancer dans une ébauche de réponse.
L’indifférence touche toutes les sociétés, à différents niveaux.
Pour la Chine, je prends 2 citations d’un article de Marianne, beaucoup trop démago et réducteur selon moi, mais qui cite 2 auteurs qui réflètent assez bien la situation. Le premier, Ma Jian:
« Nous avons grandi dans un vide spirituel, coupés du reste du monde. Une génération perdue. Quand le pays a commencé à s’ouvrir, nous avons été les premiers à tomber. La culture étrangère est la seule religion maintenant, mais nous n’avons aucun moyen de la comprendre, ou d’apprécier sa valeur. Un demi-siècle a passé et soudain nous nous retrouvons dans la forêt de la vie moderne sans carte ni boussole. Comment une société abrutie par la dictature peut-elle trouver son chemin dans le monde moderne ? Nous sommes incapables de penser par nous-mêmes, nous n’avons pas de points de repère, nous sommes égarés, nous avons perdu pied. Nous affichons une arrogance superficielle pour cacher la piètre estime que nous avons de nous-mêmes »
Et Lu Xun, en 1933 (déjà):
« En Chine, dans les villes, si quelqu’un s’évanouit dans la rue ou est renversé par une voiture, vous trouverez beaucoup de badauds ou de gens pour se moquer de vous, mais rarement quelqu’un pour vous tendre une main secourable ».
Montré comme ça, le portrait est peu flatteur.
Mais, avait-on fait un tel flan sur les ch’tis par exemple, avec l’affaire de cette jeune étudiante violée dans un train loin d’être vide? S’était-on lancé dans des analyses sociologiques ou géopolitiques sur la région Nord-pas-de-Calais? Non. On s’était à juste titre indigné, mais l’info n’avait pas été aussi médiatisée, alors qu’aussi horrible et traumatisante.
Je ne suis pas le dernier à taper sur les chinois, mais là il faudrait remettre un peu les choses en contexte (merci à mes années de psycho à la fac).
Tout d’abord, ce phénomène a été analysée dans les années 60-70, suite à l’agression en 1964 de Kitty Genovese devant 6 ou 7 témoins, qui appela à l’aide, sans succès, avant que son agresseur ne revienne 10 minutes plus tard pour l’achever.
Ce phénomène s’appelle l’effet témoin, ou encore la dilution de responsabilité, c’est-à-dire que l’on entre dans un mécanisme de pensée stéréotypé où l’on pense « Si les autres ne bougent pas le petit doigt, pourquoi devrais-je? Ils sont aussi indifférents que moi. D’ailleurs, je ne suis pas le premier à être sur le lieu de l’accident, quelqu’un a certainement appelé les secours, c’est bon, elle va s’en sortir. » Et on continue son petit bonhomme de chemin.
Donc pour résumer, plus il y a de personnes sur les lieux d’un accident, moins il y a de chances que quelqu’un vienne aider, car tout le monde se rejette la responsabilité comme une patate chaude. Et donc inversement, si vous avez un accident dans une petite rue isolée, vous avez plus de chances qu’un passant se comporte en bon samaritain, car s’il est seul, la responsabilité entière repose sur ses épaules, donc même s’il ne veut pas aider, il se sentira poussé à le faire, qu’il soit chinois, français ou mexicain.
Pour finir, une autre explication, c’est l’effet Peng Yu avec lequel on peut faire un parallèle pour expliquer ces réactions.
Ce bon samaritain s’appelle Peng Yu, et avait été condamné à payer les frais médicaux de la victime, qu’il n’avait pas du tout renversé mais secouru alors qu’elle gisait sur le trottoir. Une fois arrivés à l’hôpital, la victime, voulant que quelqu’un prenne encharge ses frais médicaux car en Chine il n’existe pas de Sécu, l’avait accusé de l’avoir renversé. Le juge nankinois chargé de l’ affaire avait déclaré « selon le bon sens, seule la personne responsable de l’accident amènerait la victime à l’hôpital ».
Donc, en plus de l’effet de du témoin, s’ajoute la peur de devoir débourser plusieurs milliers de yuan, de peur de devoir subir la même jurisprudence débile, peur rationnelle ou du moins compréhensible.
En conclusion, la société chinoise connaît malheureusement les mêmes maux que la nôtre et les chinois ne sont pas pires que les autres.
Bon, mais les travaux le dimanche matin et les fluides corporels lâchés comme ça, ça fait chier.
« Vous préférez le recto ou le verso? »
Mardi, octobre 25th, 2011Pour l’ouverture de nouvelles classes à Suzhou, du matériel flambant neuf fut livré. Mais les techniciens pensant que…ben en fait, je sais pas à quoi ils pensaient, mais on s’est retrouvés avec une photocopieuse tout en chinois, et même nos profs sinophones ont eu de gros problèmes de compréhension. Qu lieu de rappeler les techniciens, une autre solution a été trouvée:
Pourquoi je ne suis pas parti en vacances (et Sarah non plus d’ailleurs)
Jeudi, octobre 13th, 2011Note: Après avoir rédigé cet article, je suis allé sur le blog de Sarah et j’ai constaté qu’on avait eu la même idée (à 5 jours d’intervalle) au vu de ces photos de Chinasmack (quasiment même titre, mêmes photos) mille excuses. Les grands esprits se rencontrent, donc à tout seigneur, tout honneur, voila l’article de Sarah.
Mes congés sont calqués sur le calendrier chinois, c’est-à-dire que quand je suis en vacances, 1 milliard de chinois le sont aussi. N’étant plus spécialement baroudeur, je suis resté chez wam à me la couler douce (Xbox, DVD, dodo). Certes, il y a des tas d’endroits où il n’y a pas grand-monde, je rêve de retourner à Pékin car mon précédent séjour, bien que fantastique, s’était effectué par -15°. Mais Beijing, impossible pendant les vacances nationales… J’irai avec les enfants (quand ils seront conçus-et encore faudrait que j’habite sur le même continent que leur mère…). Pour le Yunnan, le Vietnam, la Thaïlande et les Philippines, on verra… Voyage de noces?
Donc quelques photos de Beijing et Nanjing (photos prises sur le site http://www.chinasmack.com/2011/pictures/national-day-golden-week-holiday-crowds-throughout-china.html)
Le tombeau de Sun Yat Sen et Fuzimiao, le temple de Confucius











